Le projet de réaménagement a pour vocation de récréer une unité d’ensemble au site, tout en profitant de la meilleure manière possible de l’orientation exceptionnelle de la parcelle et de ses vues multiples sur les massifs montagneux alentours.
Un ilôt
Le site existant profite d’une intimité intéressante dans son coeur d’ilot, dûe à l’implantation des bâtiments qui cernent ce jardin central. Ce principe est prolongé avec la création de l’extension de la maison paroissiale vers le parvis de l’Eglise, offrant à ce corps de bâtiment une exposition Sud privilégiée tout en cernant le coeur d’ilot un peu plus. Le jardin est ainsi à l’abri des regards, et le contrôle d’accès est facilité au niveau du pincement entre l’Eglise et l’extension, sous la forme d’une cloture escamotable. Ce grand jardin conserve sa végétalisation importante et reste un des ilots de fraicheur les plus importants du quartier.
Un espace public
Le site est aujourd’hui peu lisible et peu attrayant. La création de l’extension en lien direct avec le parvis même de l’Eglise, permet une visibilité renforcée de la maison paroissiale et du site dans son ensemble. Ce bâtiment neuf, à l’architecture contemporaine, fait appel depuis la rue et constitue une rotule pour inviter le passant à s’approcher, dans un souci d’ouverture du site paroissial vers la ville. Les aménagements extérieurs sont eux aussi réaménagés pour offrir des bancs et même un théâtre de verdure, afin de transformer le parvis en un véritable lieu de vie. Le long de la rue Alphand, l’unité du projet dans l’enchainement chapelle d’hiver > maison paroissiale > extension est formée par la création d’une galerie couverte qui permet à la fois de protéger les accès et les cheminements en façade Nord mais aussi de formaliser un espace accueillant, famillier et en lien avec la ville de Briançon, matérialisant clairement une fonction d’accueil et transformant la maison paroissiale en un véritable équipement.
Un eco-site
Dans une démarche bioclimatique, le projet vient créer ou libérer les façades Sud afin de mobiliser les apports solaires passifs au maximum et dégager les vues sur les massifs environnants, que ce soit pour la maison paroissiale exsitante dont la façade est préservée que pour l’extension qui ouvre sa façade au sud ou pour la salle Ste Thérèse qui s’ouvre aussi très partiellement au sud. Les emprises au sol sont optimisées et les espaces imperméables en partie supprimés. La perméabilité est en effet privilégiée au maximum à travers l’utilisation de pavés enherbés sur la quasi totalité des surfaces «minérales» refaites, le reste du site étant laissé en pleine terre et planté. Sobriété énergétique, réduction des impacts carbone, matériaux bio-sourcés... les bâtiments sont conçus dans une logique éco-responsable qui répond aussi au principe de sobriété souhaité par le maître d’ouvrage.
Une architecture discrète
La conception architecturale du projet repose sur une logique de simplicité et de sobriété. Le parti est d’éviter une écriture trop «marquée», qui risque toujours d’apparaitre comme le reflet d’une époque, et de créer un espace cohérent et intégré qui attire par son aspect contemporain et ouvert, sans en faire trop. Le batiment existant de la maison paroissiale est conservé en l’état à l’exception de quelques modifications : réouverture de l’accès d’origine pour déplacer l’accès principal et les rendre accessible aux personnes à mobilité réduite, réaménagement des intérieurs, transformation d’une fenêtre en porte-fenêtre en façade sud... La maison paroissiale se prolonge avec un bâtiment neuf vers le parvis de l’Eglise, qui s’oblique légèrement pour ouvrir sa façade plein sud. L’écriture architecturale de ce volume rectangulaire simple recherche l’élégance, la discrétion, afin de s’intégrer au mieux au milieu des bâtiments existants. C’est un usage sobre et clair des matériaux et des détails qui permettra de lui trouver toute sa place. Les ouvertures, aux dimensions verticales, au rythme en façade bien marqué, crééent une continuité avec les façades de la maison paroissiale et offrent un dessin sans fioriture. Toutes les menuiseries sont en mélèze, d’aspect mat. Une grande toiture à 4 pans vient rappeler le vocabulaire vernaculaire de montagne : tôle métallique à profil sinusoïdal de teinte grise rappelant la toiture des salles Ste Thérèse, lignes fines en bas de pente, pentes de toitures à 74%,... Autant de détails qui permettent d’insérer le bâtiment dans le site de manière contemporaine tout en respectant l’architecture locale. Une petite partie de l’extension est prévu en toiture terrasse. Ce détail architectural permet de gérer le raccord entre construction neuve et la construction existante de manière élégante. De la même manière, un joint creux est ménagé à la jonction entre ces 2 constructions, marquant l’extension de la Grande Salle.
Le garage existant est transformé en une chapelle, espace facilement chauffable permettant de célébrer les messes de semaine en hiver, mais aussi jouant le rôle d’oratoire. Toutes les façades sont reprises et présentent un corps de bâtiment en enduit taloché fin sur sa partie en limite et au sud, ainsi qu’un couronnement et une façade Nord en habillage mélèze et couvre-joints verticaux en mélèze naturel. C’est le seul bâtiment du site qui présente une petite façade habillée de bois, afin de marquer ce lieu sur la rue comme un lieu unique, chaleureux qui invite à entrer.
La galerie : un trait d'union
Afin de créer une unité architecturale entre la Chapelle d’hiver, la Maison paroissiale et la Grande Salle, un cheminement couvert se déroule le long de la rue Alphand en façade Nord. Il protège et marque les différents accès pour les usagers de ces espaces tout en créant une façade contemporaine qualifiée. Le passant découvre alors un lieu qui ressemble à un équipement et qu’il peut aborder comme tel, en lieu et place d’un espace aujourdhui peu attractif qui ressemblait beaucoup à une maison individuelle, et dont on cherchait l’entrée...
Fonctionnement du Site
En fond de jardin, un ancien corps de bâtiment est entièrement repensé. La partie Nord du bâtiment est transformée en préau, mettant en valeur la structure bois particulière de ce bâtiment. La partie Sud est rénovée, isolée de l’intérieur, le plancher relevé, les façades recomposées, une ouverture au sud est créée. La toiture et sa tôle d’acier à profil sinusoïdale est conservée, ainsi que les enduits existants.
Dans son fonctionnement, la maison paroissiale renforce son accès principal sur la rue et sa lisibilité, l’accès à la grande salle se faisant par l’intérieur. Le parvis de l’Eglise se veut rassembleur et invite à accéder au coeur d’ilot, jusqu’à la salle Ste Thérèse. L’accès indépendant à la chapelle d’hiver renforce son caractère d’intimité et de simplicité, pour que ce soit un lieu appropriable par tous. Malgré les affectations des locaux, chaque espace est conçu dans une logique de modularité et de mutualisation des usages, comme la grande salle et les salles de réunions par exxemple. En résulte un lien intergénérationnel, où les usages sont possibles pour tous : adolescents, personnes agées, tout-petits, etc.
Paysage du Site
Comme pour les objets batis, le paysage du site est réaménagé suivant une logique de sobriété et d’éco-responsabilité.
Le parking actuel devant le fronton de l’Eglise, espace peu qualitatif en enrobé, cerné de bordures routières et de massifs peu entretenus et pauvres en terme d’essences végétales, est transformé en un véritable parvis urbain. Il présente une partie «minérale», en lien avec les rues d’accès et l’accès à l’Eglise, qui intègre toujours un espace de stationnement, mais cette fois, bien délimité, et cantonné à une surface définie. Une partie végétale propose un théâtre de verdure et des espaces verts de type prairie, ainsi que quelques arbres, pour offrir aux passants un espace de calme, accueillant, qui met en valeur le fronton de l’Eglise et invite à intéragir avec la maison paroissiale. Le site est ainsi mieux repérable, et intégré aux cheminements piétons. Il offre en outre une qualité de sol qui correpond mieux à son statut d’équipement public.
Le coeur d’ilot est préservé au maximum, hormis un sapin sur l’emprise de l’extension, les arbres y sont tous conservés, et notamment le grand cerisier central. Le jardin central est pensé comme un espace à s’approprier par les usagers du site. Il est prévu la plantation d’un verger, l’aménagement de terrasses pour la transition entre partie haute et partie basse du terrain, la création d’un terrain de jeu, entre autres.
Sur l’ensemble du projet, un travail sur les sols a été mené afin de proposer des surfaces perméables sur l’ensemble des espaces libres.
